LE BIS REPETITA

Les autismes d'un plagiat.

10 avril 2008

ECRITURE D'IMAGES.

Ce qui a déclenché l’écriture, c’était le regret de photos ratées en fait, de photos que je n’ai pas pu faire, de photos qui se sont révélées invisibles, fantomatiques et donc j’ai essayé d’écrire pour retrouver le sentiment que j’avais voulu donner avec ces photos. J’essaye de photographier les gens que j’aime bien ou de faire des photos quand je suis en voyage, un peu comme tout le monde, mais je suis plutôt mauvais technicien donc je rate beaucoup de photos, et j’ai essayé souvent, enfin par l’écriture, de rattraper ce que je n’avais pas réussi avec la photo.

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07 mars 2008

MA MERE 1.

Le plus beau moment de ma mère, c'est quand elle se retrouve au restaurant, juste après la confusion des commandes de plats et avant qu'on apporte ce vin rosé glacé qu'elle aime tant, elle a sa progéniture sous les yeux, elle s'oublie un instant, elle pose ses deux coudes de chaque côté de son assiette et ses deux mains l'une sur l'autre sous son menton, elle sent monter en elle une grande fierté, elle est heureuse, elle vit là son éternité.

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30 novembre 2007

LE PLAISIR.

Tout ce que je vivais, un évènement, un regard ou simplement la vue d'une femme dans un train, je le recevais dans la peau, ça me remplissait de bonheur, d'horreur ou de dégoût. Dès que je comprenais par moi-même quelque chose du monde, ou de mes contradictions, j'avais besoin d'échanger ma découverte.

              separation8

Je refuseais l'intimité, je détestais le privé. Dans l'ensemble de mes rapports, je ne cachais rien. En un mot, je ne prenais jamais mon plaisir seul...

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22 novembre 2007

LA FAMILLE.

Mes parents, comme tous bons parents, voulaient bien m'éduquer. J'ai eu un comportement curieux, je m'en rend compte maintenant. Ma mère me disait: "Tiens, voilà un livre, il est très bien.", et moi je hurlais: "Je veux pas le savoir, je veux découvrir tout seul." Je ne supportais pas qu'on me prévienne qu'un livre était uintéressant.

De toute façon, je n'aimais que les horribles drames, les histoires de femmes abandonnées qui doivent élever leurs enfants toutes seules contre la société.

J'avais l'impréssion que lire, écouter de la bonne musique était réservé à des gens précis. Je voulais voir la vie par mes yeux, aller moi-même dans la vie et voir moi-même d'abord. C'est pour ça que je me suis retrouvé à seize ans complètement ignard, toujours le plus vilain et le plus bête. Mais je sentais le danger de s'imbiber d'idées qu'on a pas ressenties.Et j'avais un secret qu'on ne pouvait pas me prendre: je connaissais ce qu'il y avait derrière.

                           medium_8

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14 novembre 2007

LES IMAGES.

Puisqu'on ne peut être voyeur quand on est petit, je ne pouvais pas regarder à mon aise les amoureux qui s'embrassent. Je me nourrissait des lectures des magazines que je trouvais chez le médecin et le dentiste, et c'est comme ça j'ai attrapé quelques fantasmes: avoir l'air absorbé en fumant une cigarette tout en buvant un verre de vin blanc, caresser les cheveux blonds d'une fille endormie sur un sofa. Alors un jour je me suis dit: il faut absolument que je vive ça, sinon ça va rester coincé.

Quand j'ai fumé une cigarette avec un verre de vin blanc, j'ai trouvé le vin trop acide et la cigarette m'a fait tousser. Je trouvais ça pathétique, et je n'ai plus jamais mélangé les deux (tout du moins pas de cigarette avec un blanc sec).

                   Andrzej_Dragan

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12 novembre 2007

L'EGLISE

J'ai avoué très tard à mon confesseur que la personne qui lui mangeait ses tablettes au cassis, c'était moi.

J'allais à l'église pour laver mes chaussures dans le bassin d'eau bénite et pour jouer à la marelle avec ma bande de garçon sans que les filles ne nous voient. Je me planquais dès que j'entendais une vieille grenouille de bénitier. Je me faisais des verrues avec les cierges. Je m'appuyais au bord de ces autels où il y avait des ossements avec plein de bijoux en vitrine. On braillait quelquefois pour faire de l'écho, et on se tirait.

Un jour on avait une petite balle qui rebondissait. J'étais toujours trés maladroit avec les jeux. La balle avait tellement rebondi qu'elle s'était coincée entre la joue du Petit Jésus et le nez de la Sainte Vierge... c'était une balle bigarrée. La balle est restée plusieurs années sans que les fidèles la remarquent.

Je n'y ai pas cru longtemps au truc de la religion...

             Vlad_Gansovsky

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10 novembre 2007

LE DIMANCHE.

Le dimanche, je ne voulais pas aller me promener avec mes parents. Je me retrouvais sur mon muret à fixer les pissenlits, je leur coupais la tête, je leur pressais le lait, je m'en faisais des boucles d'oreilles. Toutes les familles en promenade me passaient sous le nez, et j'avais une fascination pour les femmes qui revenaient de chez le coiffeur, avec leurs mises en plis et leurs oreilles un peu rouges chauffées sous le casque. Je les voyais passer dans leurs costumes serrés et leurs souliers vernis à petites boucles.

L'homme suivait derrière la poussette, tout seul, les bras dans le dos. Et je me demandais: "Qu'est-ce qu'ils foutent ensemble? Si je dois être grand et mener la même vie, je ne le supporterai pas."

Heureusement que le gosse jetait quelque chose hors de la poussette: ça leur donnait l'occasion de le gronder.

                   Fred_aster

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09 novembre 2007

LES ENTERREMENTS.

Tout à coup, ces gens qui ne se disaient plus que "bonjour au revoir, le temps s'est quand même mis sur le beau, tant qu'on a la santé faut pas se plaindre"se mettaient à se parler: "Vous n'êtes pas au courant, c'est terrible, Untel est mort." Tout le monde devenait plus abordable.

Quand il se passe quelque chose d'exceptionnel, on vous prend le visage dans les mains, et on vous dit: "Regarde de l'autre côté." Je ne me suis jamais résolu à ne pas voir ce que d'autres yeux pouvaient voir. J'étais à tous les enterrements et à toutes les veillées. Je me faufilais, je restais dans un coin sans rien dire. De fil en aiguille j'arrivais à pénétrer dans la chambre du mort et on finissait par m'oublier.

Les gens parlaient du mort comme s'il était vivant. Il avait toutes les qualités du monde. Puis on passait à la cuisine. C'est l'instinct de conservation: soit on saute son voisin, soit on bouffe.

Les gens s'étaient dit: "Qu'est-ce qu'il prie Inlimine, il est resté plus d'une heure dans la chambre mortuaire." Je voulais m'assurer qu'il était bien mort, montre en main, et au bout d'une heure je partais. Je pensais que, si je touchais le mort, la mort m'attraperait.

                 Olaf

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08 novembre 2007

LE VILLAGE.

Dans mon village, ce qui me donnait un sentiment de mort effroyable, c'était un quotidien sans croche-pied. Le lundi on lave le linge. Le mardi on sort les poubelles. Le mercredi on repasse, puis on tricote dans le jardin. Le jeudi, la pharmacie est fermée, on va chez le coiffeur. Le vendredi on mange du poisson. Le samedi on fait les courses. Le dimanche on sort les poussettes, on va à la messe et c'est le jour consacré à maman.

Les gens ne se parlaient pas: "Madame Untel, je lui parle pas parce qu'il y a deux ans son chien a mordu le mien." "On ne va plus dans tel ou tel magasin parce que le beurre est baratté à la bernoise."

Heureusement qu'il y avait des morts pour rompre la monotonie.

                   garcons

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07 novembre 2007

LE SOUVENIR.

Il fait toujours très chaud dans mon souvenir. Je suis assis contre un talus, ou appuyé à une barrière, et tout ce que je regarde me rend triste, et j'ai toujours une main qui caresse de l'herbe, pétrit du sable ou fait rouler des cailloux.

C'était mes plaisirs solitaires de vie de petit garçon. Je croyais que la vie ça allait toujours être ça, ce qui fait que je n'y tenais pas vraiment. J'étais très imprudent. Je rêvais d'avoir un accident, et d'être emporté à la ville avec un pimpon, ou de devenir orphelin. Je pensais qu'on m'aimerait plus si j'étais un petit orphelin.

                  Jeffery_Scott

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